FRANCE 2 ou LE PROCES DU VIN …
Rares sont les fois où je prends la parole, mais ce soir-là, dans le reportage d’ENVOYE SPECIAL : « le vin est-il toujours un produit naturel ? », il s’agissait bien d’assister en direct à l’hallali du vin, à son extermination pure et simple !
Réalisé par de talentueux journalistes, au sommet de leur navrante bêtise (France 2 serait-elle un agent double du président), ces derniers n’ont pas fait semblant dans l’art « d’en rajouter » pour massacrer l’un des produits les plus courus au monde !
Sans droit de réponse, sans fondement avéré, rien que des amalgames décousus, une macabre rapsodie de la politique du pire, sans aucun respect pour toute la filière vitivinicole, déjà pas mal ébranlée. On aura pris soin, pour le sujet, de sélectionner les extrêmes : une cave coopérative intitulée (temple de la viticulture moderne et industrielle) ; puis une seconde cave coopérative dans le Beaujolais (par hasard)…, pour passer au puriste modèle Alsacien et finir immanquablement en champagne, où le Fleuron du vin Français est truffé de pesticides qui font mal à la tête »… J’en passe…
Gare à la vinophobie !
À l’aide, à l’assassin ! Où est Bernard Pivot, le génial penseur de France 2, que l’on aurait bien fait d’inviter sur le plateau, en tant que loyal Ambassadeur des vins et particulièrement du Beaujolais ?
N’aurait-il pas fait la part des choses, entre le Beaujolais dit « industriel » et les petits vignerons artisans qui vendangent à la main, font leur vin eux-mêmes, le distribuent ? Entre l’industrie agro-alimentaire soumise aux exigences productivistes, et le vin « naturel » qui résulte du choix d’une agriculture qui s’adapte aux écosystèmes ? Et quand cessera-t-on enfin de prendre les vins du Beaujolais pour cible ? Faut-il définitivement mettre le vignoble à genoux ?
Donc à l’heure des médiocrités autosatisfaites, petite mise au point pour éclairer les transfuges. Que savent-ils des avancées de la recherche qui s’invite dans les vignes et propose des alternatives aux pesticides et qui anticipe les effets du réchauffement climatique ? Des initiatives de l’Institut Français de la Vigne et du Vin qui pilote actuellement une étude autour de l’urgence de ces problématiques ?…
On dit de la vigne qu’elle est une plante éternelle… Quid des subventions de l’Etat pour transformer d’un coup de baguette magique les vignobles, assainir les sols, trouver des cépages plus résistants… ? Quid du manque à gagner pendant quelques années pour les vignerons ? Il est trop tard pour être pessimistes ! Certes, c’est un domaine où la métamorphose s’opère lentement, mais puisqu’elle est en route, pourquoi acculer davantage la filière vitivinicole ?
Allo, Louis Pasteur…
- Le savent-ils : « Le processus de vinification élimine en grande partie les molécules. S’il existe des risques, c’est plutôt pour les viticulteurs », et le Directeur du service commun des laboratoires de Bordeaux de préciser : « Toutefois les contrôles vont être augmentés, grâce à l’utilisation de méthodes plus performantes et plus rapides. Surtout, en vertu du Grenelle de l’environnement, les viticulteurs devront, comme les autres agriculteurs, réduire de
50 % l’emploi de pesticides dans les dix ans à venir. Un objectif qui pourrait être atteint dans les cinq ans, selon l’Institut Français de la Vigne et du Vin. »
Pourquoi n’a-t-on parlé que des méfaits sur la santé ? (un mélange de bien-penser, de médicalement correct, de vertu outragée, de principe de précaution… Franz-Olivier Giesbert « Extrait : In Vino Satanas ») ;
D’après une étude sur 20 ans de l’INSERM, la mortalité par infarctus est réduite de 20 à 40 % pour les petits buveurs, par rapport aux abstinents, surtout après 50 ans (les polyphénols sont d’excellents anti-oxydants et aident à lutter contre des maladies comme l’athérosclérose qui touche les artères ; une autre étude à 10 ans indique que le vin (rouge surtout) prévient la maladie d’Alzheimer…)
Que les études de l’INCA démontrent que le « Resvératol » (polyphénol du vin) induit un blocage de la croissance tumorale ; qu’il entraîne une mortalité réduite de 15 % dans les cas de cancer colo-rectaux, de leucémies, cancer du sein et de la prostate !
- Faut-il voir le vin comme une sorte d’alicament ?
« On ne peut pas recommander à quelqu’un de se mettre à boire juste pour les bénéfices de santé, insiste le professeur Orgogozo, neurologue au CHU de Bordeaux, au coeur d’une étude sur le vieillissement cérébral. En revanche, il n’y a pas de raison à supprimer une consommation modérée, surtout après 50 ans, car il n’y a pas de danger prouvé et tous les indices sont en faveur d’un bénéfice. »
Nombre d’appellations ont compris l’urgence de ménager l’environnement et de passer de l’agriculture raisonnée, à une production biologique qui couvrirait enfin la culture du raisin et les vinifications. Encore faudrait-il qu’une réglementation, suivie d’une certification, relative à la viticulture biologique existe !
Elle est attendue pour 2010, d’ici-là je comprends la frilosité des vignerons à s’engager dans l’inconnu.
Le parti pris des médias « Grand Public » si prompts à s’emparer du sujet Vin, pour mieux le salir, est devenu inadmissible ! Il mérite juste un minimum d’attentions et de réflexions…
Je proposerais bien à la filière de porter plainte contre certaines pratiques déloyales tolérées par le Gouvernement :
« Si le produit « Vin » est tabou depuis la loi Evin et qu’il n’a pas de droit de cité – toute communication lui étant rigoureusement interdite – pourquoi tout simplement en parler ? Sinon à vouloir précipiter sa perte ?
Faut-il juste rappeler quelques données simples et sans équivoque :
« La viticulture est la première contributrice à la valeur, de la « ferme France ». Peuplante et structurante, la vigne, plante pérenne et les viticulteurs ont façonné au cours des siècles des paysages incomparables. Leur contribution à l’économie, si elle est délicate à estimer, n’en reste pas moins considérable.
Elle génère près de 150 000 emplois, sans compter les cavistes, tous les métiers de la distribution et ceux de la restauration. » Source : Viniflhor.
Une petite journaliste citoyenne.